mardi 15 décembre 2009

Amour déclaré en toute simplicité

Faire une déclaration d’amour c’est profusément difficile. Personne ne sait comment faire. Il n’y a pas de règle, pas de mode d’emploi. Même pas une société de services à la personne à qui on puisse remettre cette demande. Non, parce que les déclarations d’amour doivent être faites par celui qui est concerné. Et l’expérience ne sert à rien_ même si d’autres déclarations ont été faites avant, chacune est complètement différente de toutes les précédentes. En amour, en effet, l’expérience ne démontre qu’une seule chose: qu’il n’y a strictement rien de semblable à démontrer.
Je veux dire, on recommence toujours à zéro. C’est vrai. Chaque fois qu’on tombe amoureux, on retourne à la suprême innocence, à l’ineptie et à la barbarie de la puberté. L’expérience ne sert vraiment à rien dans la lutte contre les flammes de l’amour. Imaginez deux personnes bloquées au milieu d’un incendie, sans pouvoir fuir, et expliquez le sens des mots si l’une d’entre elles se retournait vers l’autre et disait: «Toi qui a de l’expérience dans les brulures de premier degré, dis moi comment on s’en sort…»
On peut avoir cinquante ans. Mais le jour où la poitrine est prise de secousses, que les auricules se mettent à jouer avec les ventricules aux auto- tamponneuses, notre Dieu qui est au ciel appuie sur la touche «CLEAR» et on oublie tout. Quelle fourchette utiliser avec le poisson. Comment déguster les escargots. Quelles fleurs acheter. Quels mots dire. Quelle chemise avec quel diable de veste dois-je mettre ? Et les chaussures. On ne sait rien. Niente. Nada.
Si on regarde les mains, cela peut ressembler à une scène de transformation dans un filme de loup-garous_ des doigts longs, agiles, de pianiste, apparaissent soudainement dix échecs avortés de pouces. Qui ne servent à rien. Et le vin tourne dans la tête seulement d’y penser. Et les semelles des chaussures commencent à attirer magnétiquement toutes les crottes de chien dispersées dans les trottoirs de Paris. Et la voix sensuelle et confiante de la présentatrice du journal de 20h se transforme en ridicule Maya l’abeille pour confier maladroitement «je t’aime…».
Vive le ridicule !
On peut avoir 30 ou 70 ans, on régresse de façon automatique à l’âge des 15 ans, l’âge du clearasil ultra anti-boutons et des sensations de démangeaison. Celui qui est amoureux sourit tout seul, sans raison, et est capable de sautiller dans le métro, iPod nano dans les oreilles avec les chansons de Jason Mraz qui réchauffent le cœur et excitent l’esprit.
Quelle tendresse des quarante ??! L’amour est toujours une grande et irrationnelle anormalité qui provoque des graves retards mentales. L’amour emmène des cadres supérieures à acheter des vespas bleu flashy, et à visiter des asiles, juste pour pouvoir claquer la porte au visage des parents en disant «Ici, personne me comprend…».
Cette espèce d’instabilité est souvent agaçante. C’est peut être différent pour les hommes. Peut être différent pour les femmes. Une femme peut être aimée par cent hommes, et le jour où il y a un homme sans intérêt qui lui tourne le dos, sa confiance retombe comme un château de sable démoli par une faible vague de l’océan. Pour un homme, en revanche, il suffit d’être aimé une seule fois pour penser que toutes les autres cent femmes qui l’ont rejeté avaient tort et ne savent même pas ce qu’elles ont perdu…
Il devrait exister une «securitas» de l’amour _ une entreprise compétente qui protégerait les cœurs des particuliers. Un agent de sécurité surgirait en tenue de travail, le bras tendu pour séparer les gens au milieu d’un tête-à-tête au restaurant: «le premier qui vole un bisou va passer la nuit au poste».
Non, quand même, ça non. De préférence, les agents de «securitas cœur» serviraient à ouvrir les bouteilles de champagne et, surtout, à passer au peigne fin les lettres, les e-mails, les sms d’amour. Là où les amoureux écriraient les angoisses habituelles du genre «je vais me tuer si tu ne reviens pas», les agents remplaceraient par des phrases plus séductrices et efficaces, du genre qu’on est capable d’y penser seulement lorsqu’on n’est pas amoureux.
Mais il n’y pas de «securitas» de l’amour. Il n’y a pas non plus d’autre agence qui traite la documentation. Les déclarations d’amour doivent être faites à la main, sans modèle.
En realité, il n’y a pas d’amour sans instabilité. Sans insécurité. Sans jalousie. Celui qui a la certitude d’avoir ce dont il veut, soit il ne l’a pas, soit il ne veut pas grande chose.
Alors, comment fait’ on une déclaration d’amour ? En papier timbré, dans la présence d’un avocat ? Pourquoi pas ?
Les plus infâmes des déclarations d’amour sont les clandestines, du genre «je trouve que tu es une personne très intéressante et l’avenir nous dira si tu es mon âme sœur». Et les meilleures sont celles qui engagent les personnes qui les font, qui se basent sur des preuves susceptibles d’être présentées à un jury, celles qui font rougir les témoins, celles qui font rêver lorsqu’on ne dort pas.
Les déclarations du type «essayons-pour-voir-si-ça-marche» ne fonctionnent jamais. Mieux vaut imprimer 2000 cartes, proprement identifiées, et les faire distribuer à l’ensemble de son entourage, avouant cet amour insensé mais vrai, que d’envoyer un message anonyme d’un admirateur. Les déclarations d’amour sont censées couper le souffle de celui qui entend, d’exploser dans le visage de celui qui lit. L’amour est une question d’objectif, et non pas de degré. L'amour, le vrai, n'est pas discret.
...
«On ne s'aime jamais comme dans les histoires, tout nus et pour toujours. S'aimer, c'est lutter constamment contre des milliers de forces cachées qui viennent de nous ou du monde»
Alfred de Musset

jeudi 2 juillet 2009

L'étude romantique du premier amour

Il est facile de savoir si un amour est le premier amour ou pas. Si l’on admet qu’il peut être le premier, c’est qu’il ne l’est pas. Car le premier amour parait toujours le dernier amour. Le seul et unique amour, l’amour sans comparaison, l’interminable, l’insoutenable, l’incroyable et excessif amour. Il n’y a pas d’autre amour possible parce que le premier occupe tout.
On ne comprend pas bien pourquoi il commence. Mais il commence. Et termine toujours mal, simplement parce qu’il se termine.
Le premier amour donne énormément de joies, plus que l’âme en est capable de supporter. Et c’est pour cela que la joie fait mal_ c'en est trop. Le premier amour fais toujours trop, plus de mal que ce qu’on en est capable de supporter parce qu’à tout moment on ressent que l’amour se termine précipitamment. Le premier amour ne laisse pas de côté un seul petit bout de notre corps et de notre esprit. Nulle intelligence. Le premier amour prend tout. Il est inobservable, c’est impossible de le raisonner. Il donne l’impression d'arracher tout et de ne rien laisser.
On dit qu’il n’y a pas d’amour comme le premier et c’est vrai. Il y a des amours plus grands, des amours meilleurs, des amours plus utiles et même plus beaux, des amours mieux pensés et passionnément vécus. Il y a des amours qui durent plus long temps. Quasiment tous. Mais il n’y a pas d’amour comme le premier. C’est le seul qui écrase le cœur et le laisse écrasé.
Il y a des amours plus tendres, des amours qui savent s’arrêter, des amours conciliants, des amours qui ont peur de faire mal, des amours constructifs, des amours démocratiques, qui discutent et débattent avec harmonie et raison. Et tous les amours donnent plus de plaisir que le premier. Le premier amour est au-delà des normes légales de l’acceptation de la souffrance et du plaisir. Le premier amour n’a même pas de sens. Il n’a rien à voir avec la vie. Il appartient à un monde qui n’a que deux couleurs : le noir-noir, fait avec toutes les couleurs noires de la planète, et le blanc-blanc, fait avec toutes les couleurs de l’arc en ciel.
On peut avoir la tendresse des 40, la folie des 30 et la fraicheur des 20_ c’est un amour maladif, un amour délirant avec la bouche pleine de petits cœurs, et il n’y a pas de paix d’esprit, c’est une guerre tout le temps. La seule guerre où tout le monde perd, tout le monde meurt, et personne reste pour raconter comment c’était.
Il n’y a pas de règles pour gérer le premier amour. Si c’était possible de le gérer, de le prévoir, de le soigner, ce ne serait pas le premier. La seule règle est: Ne pas penser, ne pas résister, ne pas douter. Et comme cela arrive dans toutes les tragédies, le premier amour souffre principalement du fait de ne pas continuer. Des années plus tard, on rêve encore de le reprendre, de le reconquérir, d’ajouter un dernier chapitre, le happy end, le peut-on agir différemment. Mais ce n’est pas possible. Le premier amour est un miracle dans la vie et il n’y pas de miracles d’occasion, en deuxième main. Le premier amour est comme une première vie. Après on meurt. Et après on ressuscite, on renaît. Avec une sensation mixte de « Ouf ! Heureusement c’est fini ! » et de « Mais qu’est ce que c’était ça ?! Et où est ce que c’est passé ? ».
Et c’est parce qu’il est insoutenable et unique que le premier amour ne s’oublie pas. Il paraît impossible parce qu’il a existé. Il n’a rien donné de ce qu’on a voulu de toutes nos forces. Il n’a mené nulle part. Il a gardé la partie la plus sauvage et la partie la plus innocente des amoureux, toutes les illusions et tous les espoirs, toutes les pulsions inusitées et irrationnelles, tous les sentiments qui sont nés avec une force exagérée et excessive. Il a tout pris.
On suit son chemin, pour d’autres amours plus suaves et civilisés, moins exigeants et plus compréhensifs. Les autres amours sont toujours plus grands, plus vrais et respectent plus les personnalités de chacun. Et on n'oublie jamais le premier.

mardi 26 mai 2009

Fidélités

Oscar Wilde aimait dire qu’il était capable de résister à tout sauf à la tentation. Il n’a jamais dit qu’il y a deux formes de tentation : la première quand on est tenté et la deuxième (plus grave) quand on est tentateur. Il y a des gens qui simplement ne font pas exprès d’être tentateurs. Dans ce cas, on ne peut pas dire que ce n’est pas de notre faute d’être tenté ? On peut ou on ne peut pas ? On ne peut pas, n’est ce pas ?
La seule tentation à laquelle on ne doit pas résister c’est la tentation, parfois immense, d’être fidèle.
Et pourquoi ? Parce qu’elle est si rare qu’il faut pouvoir en profiter.
Non, pour de vrai maintenant, il y a une série d’instructions pour les gens qui trouvent difficile de rester fidèles :

1. N’y pense pas
2. Bon, d’accord, pense à autre chose
3. Pas à ça !
4. Non ! Encore pire !
5. Bon, allez, vas y…
6. Finalement, qu’est ce qu’on s’en fout !

Les gens ne sont pas très fidèles. Et il ne faut pas croire que ce ne sont que les hommes, les infidèles. C’est un cliché qui n’a pas beaucoup de sens. Si les femmes étaient toutes fidèles, avec qui les hommes serait-ils infidèles ? Il y a-t-il une minorité de tentatrices militantes, les destructrices de couples, qui se chargent seules de dévier tous les hommes ? Je ne crois pas.
L’infidélité est en vogue, même si très marginale et presque inavouable, au-delà des clins d’œil complices et des sourires en coin de bouche qui se lancent aux amis qui se méfient.
Alors les gens ont inventé des devises qui déculpabilisent l’infidélité (en tout cas en apparence). Voici les plus connues :

- La devise du « fidèle à moi-même ». On est capable de jurer sa fidélité. Et ce n’est pas un mensonge ! On est fidèle, à soi-même.

- La devise du « compenser » est plus difficile mais plus populaire parmi les gens qui croient avoir de grands principes. C’est basé dans le principe de passer le weekend avec la famille, pour compenser les sorties coquines de la semaine, ou de partir la semaine aux Maldives avec la conjointe pour compenser le weekend au Havre avec la maitresse. Bref, on compense.

- La devise cartésienne. Cela consiste à être fidèle dans l’âme, dans le cœur, et dans tous les endroits qui ne sont pas à portée des bisous. Puisque en ce qui concerne la chair… la chair est faible, ce n’est pas de notre faute, et cela n’a pas d’importance.
La devise cartésienne sépare aussi le « sexe » de « l’amour », genre, « chérie c’est toi que j’aime, c’est avec toi que je fais l’amour et avec Jacqueline c’est technique, ce n’est que du sexe ».
La meilleure réaction de la victime à la maxime cartésienne c’est l’art de l’estocade. Puisque le conjoint dit que seul le corps a péché car le cœur a toujours été fidèle, il suffit de dire « bon c’est très bien », prendre un couteau de cuisine, couper la partie qui intéresse et jeter le corps. Sujet clos.

- La devise du sex appeal. On me dit que celle-ci profite d’une hausse de popularité. Le traitre devient victime, genre « mais Antoine, tu n’es pas une femme, tu ne peux pas comprendre », c’est que parfois on a besoin de s’assurer du fait qu’on est encore séduisante, pour se sentir bien avec celui qui partage notre vie. La devise du sex appeal c’est une espèce de check-up. Ou encore « Antoinette, tu comprends, je n’étais pas bien, j’avais des doutes, tu ne me regardais plus… mais, tu sais, c’était horrible, à chaque fois je ne voyais que ton visage… » Devise un peu naïve mais peut fonctionner.

Et sans contestation il y a plein d’autres devises, plus ou moins acceptables. Maintenant que les gens se marient par l’église et prennent des engagements solennels pour la vie, de ne jamais tromper leurs conjoints (même si les conjoints deviennent péniblement, intolérablement lépreux, ennuyeux ou misérables), les gens devraient savoir affronter les facilités, les difficultés et les doutes de la fidélité.
La prudence et le savoir vivre préconisent que les personnes qui s’aiment sont censées vivre ensemble et rester fidèles l’une à l’autre, parce que le plaisir qu’on prend à être avec quelqu’un d’autre est toujours plus petit que le mal qu’on fait à la personne qu'on aime.
Mais l’amour est peut être une énorme tromperie. On trompe tous les autres et on se trompe soi-même.

dimanche 3 mai 2009

La gestion ou l’ingérence de la jalousie en amour

La jalousie est une passion totalitaire.
Dans les affaires du cœur, bien que la raison soit démocratique, nous sommes tous totalement fascistes. En réalité ce qui convient à la politique, ne nous convient pas en amour. En politique les gens ne peuvent qu’être libres. Mais en amour, non. C’est terriblement agaçant de savoir que l’être aimé est libre et qu’il fait ce dont il a envie de faire_ contrariété inavouable, certes, mais qui ne l’a jamais ressenti ? Ne serait-il pas mieux que l'être aimé soit enfermé, sans aucune possibilité de s’échapper, dans la prison de nos bras ?
Poétique ?
Soyez sincères: entre_ 1 _ l’image de votre amour en train d’aimer et de se faire aimer par quelqu’un d’autre, et vous impuissant, éloigné, sans pouvoir agir et_ 2 _ l’idée de, après l’avoir surpris en flagrant délit, l’étrangler douce et fermement avec une paire de collants, de vos propres mains loyales et justicières… laquelle des deux possibilités vous plait elle le plus ?
Il s’agit d’une des preuves d’amour des plus anciennes au monde, celle de vouloir tuer par amour.
Nous sommes fascistes en amour et il n’y a rien à faire. Ce n’est pas de notre faute. La nature est ainsi faite.
Ceci dit, c'est forcément le contraire de ce qu'on apprend à sentir, à dire et à faire. La jalousie est un sentiment intrinsèque qu’il vaut mieux garder secret. Le statu quo, construit en grande partie par les couples des années 70_ presque tous déjà séparés, divorcés ou infidèles_ nous apprend que la jalousie est un poison, la méfiance est un manque de respect, et le sentiment de possession c'est une forme de mépris par la liberté de l'autre.
Et ceci est sans doute très raisonnable lorsque l’amour n’y est pas. Mais un roman ne survit pas sans danger, sans aventure, sans risque. Alors la jalousie n’est que le principe de l’amour. L’amour commence là où la jalousie naît et si l’amour devient plus fort, la jalousie s’aggrave.
On ne peut pas supporter la liberté, la démocratie hippy, de quelqu’un qu’on désire, qu'on aime sincèrement. Les couples ouverts ou modernes qui vivent d'infidélités, n’auront jamais plus qu’une pathétique relation d'où ils chercheront toujours à fuir. La cause des divorces des années 70 et 80 c’était la confiance. Pour qu’un couple existe, il faut un peu de méfiance.
On ne peut faire confiance à personne. Lorsqu’on aime, vraiment, confier, ne pas souffrir de jalousie, c’est comme si on trouvait l’être aimé incapable, indésirable ou incapable de désirer, indifférent ou incapable d’être différent. Ressentir de la jalousie pour la personne qu’on aime revient à lui dire, d’une façon perverse mais authentique, peut être que tu serais mieux avec quelqu’un d’autre que moi, mais moi sans toi, je ne serais pas bien.
Celui qui est jaloux a peur de perdre. Et celui qui a peur de perdre, de toute évidence, estime ce qu'il possède. Alors être jaloux de quelqu’un ce n’est que lui donner sa juste valeur. Ne pas en avoir c’est mépriser. Les vrais amants sont ceux qui demandent est ce que tu es jaloux ?

« La jalousie est le tyran du royaume de l’amour »
Cervantès

Et comme les fascistes qui ne pouvaient pas faire tout ce qui leur passaient par la tête, exterminer les ouvriers, les noirs, les femmes moches, etcetera; en amour on ne peut pas non plus avouer toute sorte de jalousie. Pas pour une question morale, du genre ce n’est pas bien d’être jaloux. Non. Non. La jalousie de l’être aimé est quelque chose de très beau. C’est l’abnégation du « je », l’antinomique de l’égoïsme.
On ne peut pas avouer la jalousie absurde que nous ressentons parfois, cette espèce de jalousie sans raison d’être, du genre Toi, quand tu m’embrasses, tu es en train de penser à la belle blonde que nous avons croisé ce midi au restau. C’est le type de jalousie qui enlève la crédibilité de la vraie jalousie.
On peut donc se demander quels sont les limites de la jalousie. Comment gérer. Et bien, à travers un instrument maintenant appelé le contrôle_ un anglicisme heureux qui signifie la fiscalisation astucieuse de la personne aimée. En amour, le contrôle est une suave sensation de dominance.
Le couple qui veut continuer à l’être, est le couple qui se méfie réciproquement et qui se contrôle efficacement. Ils se disent secrètement, sans avouer, je trouve que tu es délicieux, véritablement exquis, et je me méfie qu’il doit avoir quelqu’un d’autre que moi qui veuille aussi goûter... alors je surveille.
On ne peut pas contrôler excessivement parce que l’expérience démontre que qui se convainc d'être emprisonné, décide, pour des raisons aussi absurdes qu'elles soient, de fuir. C’est la nature humaine.
Le contrôle ne peut pas être ouvert_ ce doit être secret. Si la jalousie est le fascisme de l’amour, alors disons que le contrôle est l’OVRA (organisation de vigilance et répression de l’antifascisme), alias la redoutable police secrète de Mussolini. Je dis bien secrète. Cela fonctionne avec des informateurs habillés en gabardine au col relevé, des appels téléphoniques anonymes… Il faut beaucoup aimer quelqu’un pour dédier du temps et de l’attention à son contrôle efficace. Avec autant d’agents subversifs partout, il est de plus en plus difficile d’ouvrer avec la OVRA.
:)
La mentalité responsable n’admet pas le contrôle. Le considère comme un abus de liberté d’autrui. Bien sûr! Mais en amour la liberté est un grand danger. Quand on aime quelqu’un, l’idée de le rendre libre c’est de la torture. On arrive à se demander pourquoi tout le monde n’est pas amoureux de cette personne (est ce que les autres font semblant ?). Et surtout on se demande pourquoi cette personne merveilleuse est amoureuse de nous. Et parce que ces vérités nous paraissent si évidentes, on a envie d’interdire l’être aimé de toute forme de liberté, de le priver de tout contact humain, de le libérer du mal, du bien et du comme-ci comme-ça, de ne pas lui laisser de choix.
:)
Oui, tout ceci n'est qu'un immense n'importe quoi. Mais en amour, la vraie liberté n’est pas celle de la raison. C’est la liberté de suivre ce dont le cœur nous dit. Et en amour, le cœur, vieux grognon intransigeant, hyperbolique et méfiant, nous dit: Possède ! Emprisonne ! Contrôle !
Et nous devons prétendre que ce n’est pas ainsi, pas aussi exacerbé, bien entendu. Tout comme on ne peut pas avouer la jalousie infâme, on ne peut pas empêcher la méfiance et la jalousie pour l’être aimé. Même lorsqu’il n’y a pas de raison pour suspecter, il vaut toujours mieux prévoir que guérir, mieux empêcher que découvrir.
Et peut être que l’attitude politiquement correcte à avoir en amour est de se dire, à soi-même uniquement, Bon, toi, fais ce que tu veux, mais si je t’attrape avec un(e) autre, je te tue. Ceci dit avec un profond ton de mélange de sarcasme et de froideur.
Comme disait Regnard, « Il faut dans la vie, assaisonner l’amour d’un peu de jalousie ».

lundi 2 mars 2009

La valeur d'une amitié

On ne peut pas avoir beaucoup d’amis. Même si on veut, même si on connaît des gens qui veulent et avec qui on a envie d’être ami. Je veux dire, on ne peut pas être un bon ami de beaucoup de gens. L’inquiétude de l’âme et l’occupation du temps, soit le temps qu’on peut donner, l’attention qu’on peut accorder_ tout ceci est limité et doit être partagé. Tout ceci ne suffit pas pour plus d’un, deux, trois, quatre ou cinq amis. Il faut savoir partager ce que l’on a avec eux, et ce n’est pas possible de partager quelque chose de petite en soi (soi-même) avec beaucoup de personnes.
Les amis doivent être choisis. Soigneusement. Cela peut paraître difficile de constater qu’on n’a ni le temps ni la vie pour être ami de quelqu’un qu’on aime et apprécie, mais c’est un des prix à payer pour l’amitié. Ce qui est bon c’est forcément plus dur à avoir. Les gens_ moi incluse_ ont tendance à avoir plein d’amis, ou même à être ami avec tout le monde qu'on apprécie. Il s’agit d’une espèce de promiscuité car il est évident qu’on ne peut pas être ami de tout le monde. Parfois, pour être ami de quelqu’un, il est même nécessaire de devenir «l'ennemi» de quelqu’un qu’on apprécie.
L’amitié est quelque chose qui doit être prise au sérieux. Quelque chose à laquelle on doit dédier du temps et toute sorte de sentiments. Cependant, il existe une mentalité Speedy Gonzalez, genre «hey gringo, my friend», qui voit en chaque être humain un «ami». On connaît tous un gars sympa qui s’entend bien avec tout le monde. Et, naturellement, il a des dizaines d’amis, des centaines de copains, collègues, camarades, complices, compagnons, confrères, et autres modèles commençant par c.

«Ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés
, ce ne sont qu'accoitances et familiaritiés nouées par quelque occasion ou commodité
»
Montaigne

Ceux là sont plus agaçants que nos pires ennemis. Nos ennemis, eux au moins, ne nous trahissent pas, ils nous haïssent loyalement, avec ou sans cohérence_ ce n’est pas tellement important. Mais l’ami de tout le monde, qui est aussi l’ami de nos ennemis, passe son temps à essayer de concilier des positions, des personnalités irréconciliables. Non seulement c’est un traitre, mais également un corrompu, qui regrette. Pour être un véritable ami, on doit hériter de tout cœur les amis et les ennemis de l’autre. C’est facile d’être du côté de celui qui a raison. Mais ce qui distingue un vrai ami c’est la capacité de pouvoir être de notre côté même lorsque nous n’avons pas raison. L’ami de tout le monde, en contrepartie, c’est le modèle plus mou du traître qui change d’avis selon la direction du vent. Il dit : «je suis son ami mais je dois reconnaître qu’elle est vache». Et comment peut-on être ami d’une vache? Les amis sont pour définition les meilleures personnes de ce monde, les plus intéressantes, les plus géniales. Les amis ne peuvent pas être mauvais. Ni vaches.
La loyauté est une des qualités la plus importante dans une amitié. C’est sûr qu’il est parfois difficile d’être entièrement loyal, mais on doit essayer de l’être. C’est parfois convenable de laisser les autres parler mal de nos amis sans rien dire, ou alors de les défendre sans beaucoup de conviction. On fait bonne figure. Cela donne un certain air de pluralisme, d’équanimité. C’est une attitude plus sociable sans doute. On peut même se faire la réflexion intérieur, en guise de remord, «ce n’est pas grave, on ne fait que parler»_ mais c’est du n’importe quoi! Etre ami de quelqu’un ce n’est pas une question de se sentir son ami, c’est surtout de se comporter comme son ami. Que m’importe que les autres ne m’aiment pas? Ce ne sont pas mes amis!
Avoir un sentiment c’est aussi avoir l’obligation de le respecter. Un sentiment caché du monde, que l’on n’est pas fier de porter et d’annoncer, c’est une Honte dans le sens vrai et propre du terme honte. Une infamie.
Si pour être ami de quelqu’un on doit passer pour des personnes factieuses, intolérantes et pas politiquement correctes, quel est le problème? Les amis nous font confiance et quand on commence à tolérer que les autres critiquent nos amis, juste pour être «politiquement correcte», notre indifférence blesse plus que les mots d’un ennemi. Quand on est ami de quelqu’un c’est aussi comme lui dire «tiens, tu as ce pouvoir sur moi». Et plus grand est le pouvoir de rendre quelqu’un heureux, plus grand est aussi le pouvoir de le blesser. Quand quelqu’un accepte que l’on dise mal de son ami, cette concordance est une forme grave de lâcheté et une incontestable trahison.

Tout ce dont je parle ici peut choquer la mentalité méditerranéenne qui prévaut de nos jours. La promiscuité mène à être ami de la personne avec qui, par hasard, on se trouve à ce moment là; mène à privilégier la présence fortuite de tiers au détriment de la nostalgie générée par l’absence des amis, les vrais. Et mène à utiliser l’ensemble d’amis comme un forum de recrutement, auquel on a recours lorsqu’on a besoin d’un copain quelconque. On a honte d’être loyal et d’assumer ses sentiments. Quand on nous dit que notre ami a des défauts, on a pas le courage de répondre avec le cœur et de dire: «Peut être bien mais je l’aime avec ses défauts et je m’en contrefiche!».
Vouloir être bien avec tout le monde signifie, quant à moi, être ennemi de tous et n’être ami que de soi-même. L’amitié n’a de sens que lorsqu’un choix est fait: «j’ai choisi d’être son ami_ pas le tien». Etre ami c’est un comportement. Apprécier c’est une sensation. Je peux dire avec honnêteté: «je t’aime bien, je t’apprécie, mais je ne peux pas être ton amie». Pourquoi? Parce qu'il n’y a pas de temps. Pas de besoin. Il n’y a pas, pour le moment, plus d’espace dans mon cœur.
On ne peut pas avoir beaucoup d’amis car même le peu d’amis qu’on a, on ne peut pas les «avoir» autant que on aurait aimé. Pour ne pas être malheureux, on apprend la science de «l’économie de l’amitié», science un peut triste et un peu simple qui consiste à amplifier les gestes et les moments passés ensemble, pour compenser les grands déserts de silence et de séparation que sont normales. Comme par exemple, ouvrir les bras et serrer très fort notre ami. Lui dire en face «tu es vraiment un grand ami», et que ce soit vrai. Je ne pense pas à profiter de tous les moments comme si c’étaient les derniers_ puisque cela relève plus de la passion_ mais plutôt à être avec ses amis, dans le peu de moments que l’on a, comme si l'on ne s’était jamais séparé. L’amitié est une condition qui ne peut jamais être exceptionnelle. Elle doit être habituelle, éternelle et prévisible.
C’est impératif de donner de la valeur à un ami, sans forcément qu’il sache. Et être certain qu’il fait pareil, et pense qu’on ne le sait pas. L’amitié vaut plus que la raison, que le bon sens, que l’esprit critique et tout ce que parfois peut justifier la conversation, la prévenance et la trahison. L’amitié doit être quelque chose à part, un endroit où la raison n’a pas toujours sa place. Etre ami de quelqu’un doit être comme avoir une certitude. Dans un monde où les certitudes, de toute évidence, n’y sont pas.
Et quant aux amis de tout le monde qui préconisent «l’amitié libre», comme les hippies avec «l’amour libre», pour eux un ami n'est plus qu'un point utile dans une plateforme de relations. C’est un contact. C’est un capital. Etre ami sans effort, sans sacrifice, c’est comme être ami sans amitié. En amour c’est pareil. Aimer les gens c’est facile. Leur prouver, non. Etre un ami, non plus.
Mais les choses qui valent la peine, ne pourront jamais perdre la peine qu’elles valent...

jeudi 26 février 2009

Dors bien, moi aussi

Il y a un secret pour paraître plus jeune: dormir. C’est un secret qu’on découvre un peu trop tard mais c’est vrai : le temps qu’on passe à dormir ne compte pas. On ne vieillit que lorsqu’on est éveillé. Quand on dort, on éteint le taximètre métabolique.
Mon vieil oncle qui remarquait combien j’aimais dormir étant plus jeune, me disait qu’un individu qui dormait huit heures par jour arrivait à 60 ans et avait passé 20 ans à dormir. Moi, à l’époque, j’étais impressionnée et j’ai donc essayé de dormir moins (quand on est jeune, vivre beaucoup semble une excellente idée). Aujourd’hui, je sais qu’un individu de 60 ans qui a passé un tiers de sa vie à dormir n’a que 40 ans.
Pendant le sommeil, on n’apprend rien, on n’évolue pas. Heureusement, on ne mûrit pas. Ce n’est pas en dormant qu’on apprend à affronter la vie de façon adulte, responsable. On reste enfant en dormant. Et c'est très bien.
Que fait-on durant les longues heures de sommeil? Chacun a sa théorie. Il y a ceux qui accordent beaucoup d’importance aux rêves. Mais j’en ai déjà abordé ce sujet et je crois que les rêves ne sont que le théâtre de notre imagination. L’importance du sommeil a toute une autre source. Quelque chose de formidable. Ce que l’on fait de formidable en dormant c'est rien, zéro, nada, nothing, niente. Et voici un autre secret: la méthode pour faire beaucoup de choses en même temps, c’est de passer la moitié de la journée à ne rien faire. Strictement rien. On travaille beaucoup, on s’amuse terriblement et ensuite on fait un intervalle de douze heures. Et ça marche! Si la vie c’est deux jours, c’est plutôt bien de passer un des deux à dormir. Non?

Le problème c’est qu’on ne dort pas suffisamment. Il suffit de regarder les yeux cernés autour de nous pour faire ce constat. Nous sommes une espèce noctambule et à la fois nous avons des horaires très matinaux. Les gens qui se lèvent tard souffrent de discrimination sociale (car « les lève-tôt », les cernés, les parents ou les oncles et tantes âgés, les sérieux, les tristounets, les fascistes prennent un malin plaisir à critiquer). Les boulangers programment la cuisson du pain pour que ce soit bien frais à 7 heures du matin. Stalinistes. A 13h de l’après-midi, les baguettes sont mortes et enterrées tellement elles sont raides. Le même survient quasiment partout dans le commerce. Les meilleurs légumes sont mis en vente tôt le matin. Les supermarchés sont livrés à 6 heures du matin. A l’ouverture matinale, tous les rayons sont prêts: le pain, les légumes, les vêtements rangés, même les gels douche ont l’air plus parfumé. Le réassort de l’après-midi n’est que le reste, le surplus, l’excédent de ce qui a été reçu le matin et mis en chambre froide en attendant. L’après-midi il n’y a plus de fraîcheur. Tout est choisi, mal rangé, tombé par terre, épuisé. Combien de fois on entend dire « si vous étiez venu plus tôt… ».
Les espagnols et les grecs sont plus civilisés dans le genre. Puisque ils font la sieste de l’après-midi, cela les aident à affronter le reste de la journée et de la nuit avec une forme de complétion. Ils font la pause en milieu de journée et reprennent la vie après. Quelle bonne idée. Nous, en contrepartie, passons la journée à dormir réveillés, ce qui a l’inconvénient de durer toute la journée. Et comme nous passons la journée à dormir debout, nous pensons que nous allons nous coucher tôt, mais cela finit par ne pas se faire parce que si on ne fait pas quelque chose dans la soirée, on a cette horrible impression de n’avoir rien fait du tout de la journée… et le réveil du matin est très pénible. Vous me suivez ?
Presque plus personne dort ce dont elle aimerait dormir. Parfois Paris le matin me fait penser à un vieux remake de la saga des zombies, « Le jour des morts-vivants ». Au lieu de boire du sang, on prend du café. Les gens qui travaillent dans des endroits recevant du public sont encore plus mauvais. Ils devraient dormir plus pour être plus agréables. Certains devraient même dormir pour toujours.
Pour que le monde avance avec gaieté, on devrait interdire fermement tout évènement avant onze heures du matin. Seules les activités qui demandent des horaires matinaux pourraient être autorisées (comme la cuisson du pain).
Même si les boulangers, les poissonniers, les commerçants voulaient commencer leur journée très tôt, ils seraient dissuadés parce qu’ils font toujours du bruit et qu’ils réveillent les gens qui dorment. Aussi, le coq de mon voisin devrait être abattu, si possible lentement, avec la même cruauté que la bestiole s’égosille pour me réveiller tous les dimanches.
Mais la réalité est une autre. Les « lève-tard » sont ostracisés par notre société. Les banques ferment. La poste aussi. Plus de restaurant qui sert encore après quatorze heures, surtout en province. Lors d’un weekend dans la Loire, un ami me conseillait d’avoir faim de bonne heure parce qu’après les restaurants fermaient. Mais mon estomac ne se réveillait pas et on a fini par déguster quelques sandwiches plastifiés achetés par chance dans une épicerie du coin encore ouverte. Oui parce qu'il ne faut pas exagérer non plus!
Le monde est une prison ultra sécurisée avec horaires rigides. Les seules fois où les « lève-tard » peuvent avoir leur conscience tranquille c’est pendant les grèves des transports, ce qui emmène toutes les autorités, la patronale inclue, à faciliter les horaires.
Ce n’est pas juste. En France on parle de tous les droits, on manifeste pour tout et pour rien, mais on ne parle jamais du droit sacré de dormir. On remet en cause les 35 heures hebdomadaires et tout le monde sait que cela ne coûte rien de travailler 35 heures par semaine, mais on n’a jamais vu les syndicats se battre pour la défense de la nuit de 10 heures. Je lance le défi aux cégétistes et tous leurs camarades, aux gouvernants français et à tous les patrons d’entreprise. Si tout le monde dormait bien (coucher seulement ne compte pas), la France serait plus productive, plus heureuse, plus saine, plus jeune et caetera.

jeudi 12 février 2009

Je rêve...

Nous voilà en 2009 et l’envie d’écrire qui me reprend. Et précisément, parce que 2009 est une nouvelle année, même si déjà appelée «annus horribilis», j’ai envie d’écrire de choses positives. De choses qui plaisent: les rêves.
Depuis toujours, le rêve est une matière qui fascine et intrigue par son rapport au réel. Je n'ai pas l'intention de faire une dissertation sur les rêves ni une analyse approfondie sur tout ce qui a déjà été dit et écrit. Je veux seulement partager quelques petites notions qui m'interpellent, dans le seul et unique but de, encore une fois, exposer mon avis.
Les peuples primitifs ont toujours accordé beaucoup d’importance aux rêves. Les esquimaux de la baie d’Hudson croient que, pendant le sommeil, l’âme quitte le corps et se balade à travers le monde. Dans l’île de Bornéo, un homme qui rêve que sa femme est adultère, peut la redonner à son beau-père. Imaginez ceci appliqué aux français qu’au-delà de sceptiques sont également rusés: «Ecoutez M. Dupont, hier j’ai rêvé que votre fille était au lit avec Didier, alors excusez moi mais je vous la rends» !!
Le peuple Kamkatchka est plus positif. Si un homme rêve que une certaine femme est dans ses bras, il a le droit de dormir avec elle (et oui, moi aussi je ne crois pas mais c’est écrit dans une édition de l’encyclopédie britannique, alors cela me suffit). Evidemment ceci ne pourrait pas fonctionner en France. A tort et à travers, n’importe quel mafieux pourrait s’approprier de la Juliette qui lui plairait: «Ah, j’ai rêvé de toi hier, allez viens avec moi…». Ben voyons !
En fait, le tout serait même très amusant si en 1899 Freud n’avait pas publié «L’interprétation des Rêves», et présenté ainsi sa version moderne de toutes les vieilles croyances. Freud a dit que les rêves étaient le chemin pour arriver au subconscient. Pour lui, les rêves ont un sens, plus précisément le sens d'accomplir nos désirs refoulés. Selon le célèbre psychanalyste, les rêves s'interprètent. De toute évidence, les désirs convertis en rêve ne sont pas flagrants car nos rêves sont pour la plupart du temps irréguliers et insolites. Mais c'est à cause de Freud et de son approche scientifique du rêve que les gens ont commencé à donner une importance inusitée à ce dont ils rêvent. Après tant de siècles et de stades d’évolution humaine, les rêves deviennent motif d’analyse, de suivi, d’interprétation.
Mais enfin que sont les rêves ? Ce sont des bêtises ! (Que Freud me pardonne)
Voici ma théorie: le cerveau doit garder ce dont on a besoin pour réfléchir, penser, interpeller, imaginer, désirer, se gouverner, et le reste le cerveau rejette, dans la forme d’un rêve. Je peux admettre qu’un rêve particulier peut être analysé, mais delà à en tirer de grandes conclusions, sur tout et rien, il y a nuance. Je crois que les gens qui accordent beaucoup trop d’importance aux rêves, négligent leur vie. Au lieu de s’occuper avec ses désirs, en les construisant, en les poursuivant, les gens s’accommodent en attendant que les idées viennent jusqu’à eux, en dormant.
Sauf une ou autre exception documentée, comme «La Henriade» de Voltaire, les rêves ne sont pas de créations littéraires ni des signes du destin. Ce ne sont que des rêves. Bêtes, simples et étranges, sans forcément une raison d'être.

Les seuls et véritables rêves auxquels je crois, où je trouve du sens, ce sont ceux que nous avons lorsque nous sommes éveillés. Nos envies d’avoir, d’être, de faire, de réaliser, d’atteindre, de réussir, d’aimer, de rire. Et les meilleurs rêves, ce sont ceux qui ont une chance de devenir réalité.
Nous devons faire deux choses : 1. se réveiller et 2. apprendre à rêver de ce dont on peut atteindre.
Nous avons besoin de rêves difficiles, mais faisables. Faisables, mais difficiles. Par exemple, 2009 sera sans doute une année très escarpée, mais nous pourrons l’escalader en faisant attention au mouvement. La vie ne s’arrêtera pas en 2009. Il y aura toujours de la joie, de l’amour, du bonheur, des rires et des larmes et toutes les difficultés qui rendent notre vie appréciable, qui donnent du sens à la beauté.
Les meilleurs rêves ce sont surtout ceux qui nous font réfléchir et avancer. Les seuls rêves qui valent le coup d’en parler ce sont ceux qui ne nous laissent pas dormir. Et c'est ainsi que les rêves deviennent réalité.
___________________________________________________"I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character"
Martin Luther King