dimanche 27 juillet 2008

Qu'est ce l'amour de nos jours ?

Il y a des mots que l’on ne peut pas définir. L’amour c’en est un. J’aimerais pouvoir l’expliquer mais je ne sais pas trop comment. Définir l’amour, d’accord, mais comment dirais-je ? Dans quel sens ? Quel degré ? En parlant de quoi ? Cela devint incompréhensible. Ce n’est pas de ma faute ! L’incompréhensible ne peut pas se comprendre. C’est logique !
Ce n’est pas un manque de clarté. J’aimerais être plus claire mais moi-même je ne comprends pas trop au sujet duquel je veux parler… mais je veux en parler, étaler mon ressenti.
Je veux parler de l’amour. Le vrai. Je veux parler de ce sentiment étrange et compliqué qui a inspiré tant d’auteurs et a fait couler des tonneaux d’encre :

« Les hommes que les passions peuvent le plus émouvoir sont capables de goûter le plus de bonheur en cette vie »
René DESCARTES,
Traité des Passions de l’Âme

L’amour…
Il me semble qu’aujourd’hui personne ne tombe amoureuse pour de vrai. Personne ne veut plus vivre un amour vrai. Un amour sans raison. L’amour, pffff, un truc de nana, chochotte, bêbête, idéaliste, car l’amour sans raison, dit’ on, n’existe plus !!!
De nos jours les gens tombent amoureux pour des raisons pratiques. Parce que c’est simple et facile. Parce qu’ils sont collègues et ils se trouvent juste à côté. Parce qu’ils s’entendent bien et ils ne s’embêtent pas trop. Parce qu’il y a du sens (du sens dans l’amour ?? Le comble !!). Et à cause des comptes, des impôts, de la maison, du lit, des slips, des chemises au pressing et des factures de Allo Pizza, les voilà amoureux.
De nos jours les gens font des contrats prénuptiaux, discutent tout d’avance, font des plans d’action à la moindre contrainte et entament des dialogues cartésiens. L’amour est devenu passible d’être « plannifié ». Les amants parlent de contrats et devinrent associés. Ils font des réunions, discutent des problèmes, consultent des spécialistes et prennent des décisions réfléchies. L’amour s’est transformé dans une variante psycho-socio-bio-économique du compagnonnage.
La passion, par exemple, qui devrait être démesurée, est dans la mesure du possible.

« La mesure de l'amour c'est d'aimer sans mesure. »
Saint Augustin

L’amour est devenu une question pratique. Ainsi au lieu de tomber follement amoureux, les gens restent « pratiquement amoureux ». C’est pratique après tout !
Je n’ai jamais vu autant d’amoureux aussi lâches et accommodés. Incapables d’un grand geste, de prendre un risque, d’un élan de bravoure; comme une bande de laxistes, accros aux portables et aux nouvelles technologies, la bande des « ok, tout va bien », des tueurs d’amour, des romanticides.
J’en ai marre des conversations, des compréhensions, des connivences.
Plus personne ne tombe amoureuse pour de vrai ? Plus personne n’accepte la passion pure, le manque, la tristesse, la peur, le déséquilibre, la douleur, l’amour qui nous ronge le cœur comme une horrible maladie et qu’en même temps remplit nôtre âme d’un immensément indescriptible bonheur ? Je veux parler de l’amour vrai, l’amour aveugle, l’amour irrationnel, l’amour jaloux, le seul amour qui existe.
L’amour c’est ça. C’est cela sa beauté. C’est cela son danger. L’amour existe pour nous transporter soudainement au ciel, et prendre le temps de faire un tour en enfer.

«
De la raison ! Que voulez-vous que j’en fasse avec de l’amour ? Il va trop son train pour elle.»
MARIVAUX, La Fausse Suivante

L’amour est une chose et la vie est une autre. L’amour n’existe pas pour aider. Ce n’est pas un soulagement, un repos, ni la petite tape dans le dos, ou la pause qui rafraichît. Je suis agacée par ces manies contemporaines de spas, de massages, de confort absolu. Agacée par les petits couples sans romantisme et sans folie. Finis les cris, les baisers passionnés, les fleurs, les lettres d’amour. L’amour a fermé le magasin, dépassé par des gens en pantoufles, proies du confort et de la commodité.
De nos jours il semblerait qu’il faut beaucoup de courage pour aimer.
L’amour est une chose et la vie est une autre. La vie parfois tue l’amour. La vie dure une vie entière, l’amour non. Mais un moment d’amour peut durer une vie entière. Et la valoir aussi.
L’amour vrai n’est pas un moyen, n’est pas une fin, n’est pas un principe, n’est pas un destin. L’amour vrai est une condition. L’amour vrai ne s’explique pas, n’est pas à comprendre. L’amour est un état qui se ressent.

« Notre amour peut-il survivre autrement que par des sacrifices, qu'en ne réclamant pas tout, peux-tu changer que tu ne sois pas toute à moi, et moi pas entièrement à toi ? »
Ludwing van BEETHOVEN, Lettres à l’Immortelle Bien-aimée

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Aimer à perdre la raison
Aimer à n'en savoir que dire
A n'avoir que toi d'horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison
.....

Unknown a dit…

Bonsoir,
Combien je te comprends .... L'Amour, dans notre société si moderne, ce mot a-t'il encore un sens ... nous melons dans un meme concept les sentiments que nous éprouvons, le desir physique et meme comme tu le dis, l'habitude que nous prenons à vivre auprès de quelqu'un. Et pourtant, celui / celle qui le ressent, le defend à corps et à cri ... et il faut toujours y croire car comme le dit l'improbable poète : you 've got to love like you've never been hurt ! LN 140908