Moi je crois que l’essence de la vie c’est les autres et l’amour que nous avons pour eux. Mais notre époque persiste à vouloir prouver le contraire, par pure et simple sottise. Les gens sont fiers d’être devenus indépendants, individualistes, auto-suffisants, egocentriques, « uniques », solitaires, libres. Aujourd’hui l’autonomie est considérée comme une force.
On entend souvent « je m’en contrefiche de ce que les autres pensent », sans comprendre la terrible vanité de ce que ceci implique. Comment peut-on exister sans les autres ?
Moi je crois que pour avoir une notion du peu que l’on vaut, il suffit de soustraire à ce que l’on est, ce que l’on apprend, ce que l’on lit, ce que l’on vit avec les autres. Et regardez ce qu’il nous reste. Peu de chose. Seule, pratiquement personne n’est pratiquement rien. Et uniquement ensemble on peut être quelque chose.
La vérité c’est que nous devons beaucoup à qui a déjà donné, déjà dit, déjà écrit, déjà décédé. Et notre bonheur nous le devons aussi, non pas à nous-mêmes, mais à qui vit ou a déjà vécu au près de nous. Est-ce cela qui est si difficile à comprendre ?
Nous sommes nés dans un monde rempli de repères, de coutumes et de connaissances. Tout est déjà fait. Tout existe sans notre effort. Nous avons les livres, les histoires, les langues, les règles sociales, les technologies et cætera. Un bel héritage fait par les choses que les autres nous ont laissé.
Le peu de temps que nous vivons, nous travaillons et nous nous limitons à ajouter un point ou autre, plus ou moins important, à la somme qui existe déjà. Un jour on meurt. Et la mort est le prix que l’on paye pour le fait de vivre si facilement : par exemple, on n’a pas à inventer la langue qu’on parle, on n’est pas obligé d’établir et de négocier les règles avec lesquelles on vit.
Alors les autres sont la chance qui nous incombe ou le hasard qui nous arrive. Ils sont notre derniers recours et notre première obligation. Et le sentiment le plus important de tous dans la vie en société est la solidarité. Cela est l’essence de la société : l’amour pour les autres.
La misère des français est la misère de la France. Comment pouvons-nous prétendre d’être civilisés lorsque nous n’avons pas encore terminé avec la faim, avec l’insalubrité, avec l’analphabétisme ? Comment peut-on être indifférent face à une si lourde indigence.
La guerre politique n’est pas entre la gauche et la droite_ c’est entre les individualistes et les collectivistes. C’est entre celui qui pense à soi en premier et celui qui pense d’abord aux autres. Les libéraux de droite et de gauche (ce qui englobe tous les partis politiques) finissent par perpétuer le système. Dans un système qui se nourrit du déséquilibre entre faibles et puissants, pauvres et riches, le libéralisme est le meilleur et le plus pervers mécanisme de manutention.
Mais je ne veux pas parler de politique, ni de pauvreté dans le monde. Ce que je veux dire c’est que même si j’accepte l’injustice du monde et de la vie, parce que je la trouve insoluble, personne ne devrait la transformer en source idéologique. J’aimerais que personne ne se sente petite ou humiliée mais j’aimerais aussi que chacun d’entre nous se sente concerné par l’iniquité. Au contraire de l’individualiste qui dira « chacun pour soi » ou « que le meilleur gagne », le conservateur dira plutôt « nous sommes tous dans le même bateau » et « l’important n’est pas de gagner ou de perdre, mais de jouer ».
On ne peut pas se permettre d’être vaniteux, ni narcissique, ni égoïste. Entre ce que nous avons et ce qu’on nous donne, il semblerait qu’il n’y a pas de choix possible. Mais c’est faux ! Ce que nous avons, nous devons donner parce que c’est à travers le don que nous justifions_ que nous rendons juste_ ce que nous avons. L’architecte, l’écrivain, le musicien, l’amant_ chacun se réalise et se satisfait clairement lorsqu’il dessine, qu’il écrit, qu’il joue, qu’il aime. C’est pour tout cela que les autres sont notre principale raison de vivre. Les suivre et les servir, pour des questions de savoir et de sentiment, c’est notre plus grande opportunité.
Bien sûr qu’il est possible de vivre sans aimer, d’autres alternatives se présentent toujours. C’est simple. Mais sans amour et sans aimer, l’homme se laisse déprotéger et la vie finit par le tuer.
"Quand tu donnes tu perçois plus que tu ne donnes, car tu n'étais rien et tu deviens."
Antoine de Saint-Exupéry
L’amour c’est ce qui nous reste lorsque le cœur est fatigué. Lorsque la pensée est épuisée et les sens se laissent endormir, l’amour nous réveille pour nous rattraper. L’amour est comme un piège. On se réveille au milieu de la nuit. Au travail on se souvient soudainement. L’amour est comme une âme, notre lien avec les autres. Un lien qu’on ne peut pas supprimer.
Puis j’avouer une vérité ? Ma plus grande qualité est mon amour, ma famille, mes amis, mes collègues, mon pays. Ce sont mes ancêtres, les exemples qu’ils m’ont donné, ce sont mes livres.
On entend souvent « je m’en contrefiche de ce que les autres pensent », sans comprendre la terrible vanité de ce que ceci implique. Comment peut-on exister sans les autres ?
Moi je crois que pour avoir une notion du peu que l’on vaut, il suffit de soustraire à ce que l’on est, ce que l’on apprend, ce que l’on lit, ce que l’on vit avec les autres. Et regardez ce qu’il nous reste. Peu de chose. Seule, pratiquement personne n’est pratiquement rien. Et uniquement ensemble on peut être quelque chose.
La vérité c’est que nous devons beaucoup à qui a déjà donné, déjà dit, déjà écrit, déjà décédé. Et notre bonheur nous le devons aussi, non pas à nous-mêmes, mais à qui vit ou a déjà vécu au près de nous. Est-ce cela qui est si difficile à comprendre ?
Nous sommes nés dans un monde rempli de repères, de coutumes et de connaissances. Tout est déjà fait. Tout existe sans notre effort. Nous avons les livres, les histoires, les langues, les règles sociales, les technologies et cætera. Un bel héritage fait par les choses que les autres nous ont laissé.
Le peu de temps que nous vivons, nous travaillons et nous nous limitons à ajouter un point ou autre, plus ou moins important, à la somme qui existe déjà. Un jour on meurt. Et la mort est le prix que l’on paye pour le fait de vivre si facilement : par exemple, on n’a pas à inventer la langue qu’on parle, on n’est pas obligé d’établir et de négocier les règles avec lesquelles on vit.
Alors les autres sont la chance qui nous incombe ou le hasard qui nous arrive. Ils sont notre derniers recours et notre première obligation. Et le sentiment le plus important de tous dans la vie en société est la solidarité. Cela est l’essence de la société : l’amour pour les autres.
La misère des français est la misère de la France. Comment pouvons-nous prétendre d’être civilisés lorsque nous n’avons pas encore terminé avec la faim, avec l’insalubrité, avec l’analphabétisme ? Comment peut-on être indifférent face à une si lourde indigence.
La guerre politique n’est pas entre la gauche et la droite_ c’est entre les individualistes et les collectivistes. C’est entre celui qui pense à soi en premier et celui qui pense d’abord aux autres. Les libéraux de droite et de gauche (ce qui englobe tous les partis politiques) finissent par perpétuer le système. Dans un système qui se nourrit du déséquilibre entre faibles et puissants, pauvres et riches, le libéralisme est le meilleur et le plus pervers mécanisme de manutention.
Mais je ne veux pas parler de politique, ni de pauvreté dans le monde. Ce que je veux dire c’est que même si j’accepte l’injustice du monde et de la vie, parce que je la trouve insoluble, personne ne devrait la transformer en source idéologique. J’aimerais que personne ne se sente petite ou humiliée mais j’aimerais aussi que chacun d’entre nous se sente concerné par l’iniquité. Au contraire de l’individualiste qui dira « chacun pour soi » ou « que le meilleur gagne », le conservateur dira plutôt « nous sommes tous dans le même bateau » et « l’important n’est pas de gagner ou de perdre, mais de jouer ».
On ne peut pas se permettre d’être vaniteux, ni narcissique, ni égoïste. Entre ce que nous avons et ce qu’on nous donne, il semblerait qu’il n’y a pas de choix possible. Mais c’est faux ! Ce que nous avons, nous devons donner parce que c’est à travers le don que nous justifions_ que nous rendons juste_ ce que nous avons. L’architecte, l’écrivain, le musicien, l’amant_ chacun se réalise et se satisfait clairement lorsqu’il dessine, qu’il écrit, qu’il joue, qu’il aime. C’est pour tout cela que les autres sont notre principale raison de vivre. Les suivre et les servir, pour des questions de savoir et de sentiment, c’est notre plus grande opportunité.
Bien sûr qu’il est possible de vivre sans aimer, d’autres alternatives se présentent toujours. C’est simple. Mais sans amour et sans aimer, l’homme se laisse déprotéger et la vie finit par le tuer.
"Quand tu donnes tu perçois plus que tu ne donnes, car tu n'étais rien et tu deviens."
Antoine de Saint-Exupéry
L’amour c’est ce qui nous reste lorsque le cœur est fatigué. Lorsque la pensée est épuisée et les sens se laissent endormir, l’amour nous réveille pour nous rattraper. L’amour est comme un piège. On se réveille au milieu de la nuit. Au travail on se souvient soudainement. L’amour est comme une âme, notre lien avec les autres. Un lien qu’on ne peut pas supprimer.
Puis j’avouer une vérité ? Ma plus grande qualité est mon amour, ma famille, mes amis, mes collègues, mon pays. Ce sont mes ancêtres, les exemples qu’ils m’ont donné, ce sont mes livres.
Ma plus grande qualité est de dépendre des autres, de me soucier de ce qu’ils pensent, d’être influencée par ce qu’ils disent. Moi seule, je ne suis pratiquement personne. Je ne suis qu’une. Et les autres sont quasiment tout. Sont quasiment tous. Ma plus grande qualité est de ne pas vouloir, de savoir que je ne peux pas, m’en sortir toute seule. Ma plus grande inquiétude est de les connaître, de les servir, de les conserver, de les mériter, les gens que j’aime.
L’essence de la vie est à l’extérieur de soi-même. C’est dans les autres, tous ensemble, chacun à sa place, chacun à son époque, sans me demander comment. La voici l'essence de ma vie : ma plus grande qualité ce sont les autres. L'amour que j'ai pour eux.
L’essence de la vie est à l’extérieur de soi-même. C’est dans les autres, tous ensemble, chacun à sa place, chacun à son époque, sans me demander comment. La voici l'essence de ma vie : ma plus grande qualité ce sont les autres. L'amour que j'ai pour eux.
"Je ne connais qu'un seul devoir, et c'est celui d'aimer."
Albert Camus

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