J’ai récemment lu ce livre simple, cocasse et émouvant qui s’intitule « Dieu est un pote à moi », de Cyril Massarotto. C’est ce thème qui a inspiré ma réflexion d’aujourd’hui. Voici encore une fois, mes pensées étalées…
J’avoue. En tant que catholique, ayant reçu une éducation religieuse et ayant acquis une culture plutôt athéiste, j’ai parfois un peu de mal à croire en Dieu. Pourtant je refuse d’être agnostique, je veux croire en Dieu, cela me fait mal de ne pas y croire. Hors de question de ressembler aux intellectuelles rationalistes et scientifiques qui se contentent de croire en ce qu’ils savent, car je ne suis pas fière de douter de la divinité spirituelle. Je n’ai pas honte non plus de douter de Dieu, mais j’ai beaucoup de peine... Et je ne le dis jamais.
Sans Dieu, la vie devient aléatoire et trop insignifiante. Et encore moins facile à comprendre. C’est aberrant de dire que si Dieu existe vraiment, il ne devrait pas avoir tant de malheur et de misère dans le monde, tant de pauvreté, d'injustice et de tristesse, tant de choses impossibles d’expliquer ! C’est justement parce que la vie est si dépourvue de sens, parce qu’elle est si incomplète, si imparfaite, que Dieu doit exister. La foi n’est pas simplement une forme de confort, une espèce de soulagement, d'apaisement. La foi est une façon d’accepter. C’est la plus belle déresponsabilisation du monde. C’est une façon de ne pas demander des explications à la vie. D’accepter les questions sans réponse.
Dieu existe parce que l’Homme seul ne peut pas exister. Dieu existe parce que l’Art seule n’est pas suffisante. Dieu existe parce que la Science seule n’est pas suffisante. Dieu existe parce que l’Amour seul n’est pas suffisant. Dieu existe parce que l’Homme seul est plus mauvais, plus sombre, et plus seul. Dieu existe.
Mais comment peut on avoir la certitude et la foi sincère ?
Je détesterais me transformer en un de ces opportunistes qui deviennent croyants, conscients des portes du paradis la clé en main, seulement quand ils se trouvent devant les portes de la mort. Je détesterais profiter d'une situation de connivence. Attention, nuance, je ne doute pas que le fait de se convertir tardivement peut survenir d'une foi sincère... Je veux seulement être un peu plus ponctuelle.
Ce que je veux dire c’est que je détesterais que la foi me surprenne soudainement, motivée par une expérience insolite_ une tragédie personnelle, une vision ou une rencontre spéciale. D’ailleurs, les rencontres et les effets spéciaux me terrorisent. La science fiction est une chose. La religion est une autre. Je veux que ma foi soit tranquille et discrète. J’ai peur des mysticismes et des miracles. Si possible, je veux que ma foi soit timide et civilisée, et encore qu’elle ne dérange pas les autres, surtout les non croyants. Que ce soit bien clair: je respecte les croyances et les non croyances de chacun. La foi ne doit pas être une qualité qui attribue plus de valeur à ceux qui l’ont. Ce n’est pas comme un synonyme de statut social, une ferrari ou un pass navigo, non.. La foi peut être un moyen de transport vers les chemins du paradis, mais un moyen auquel tout le monde peut y avoir accès... Volontairement.
Je ne crois pas que la foi en Dieu puisse me rendre plus heureuse ou solutionner mes problèmes. J’attends simplement qu’elle m’aide à accepter les dilemmes que je ne peux ni résoudre ni comprendre. Les spécificités lourdes de la vie que tout le monde connaît : la mort et tout le reste. Je n’attends pas que la foi soulage la tristesse que les fatalités provoquent. J’attends que la foi me permette d’être moins perplexe, moins révoltée devant les injustices de la vie et de la mort. Je précise également que je ne veux pas non plus d’une foi incertaine. Il n'est pas question pour moi d’avoir un Dieu pluraliste et démocrate. Je veux un Dieu unique et dictateur. Pas de désordre. Je ne suis pas à la recherche de religiosités indéfinies. Et je sais bien que ces choses ne se choisissent pas mais j’aimerais plutôt être une catholique pratiquante et dévote, pas dogmatique pour autant, plutôt à la manière de Marie Madeleine, si je peux me permettre. Je veux pouvoir pêcher, pouvoir être punie, et ensuite pouvoir être pardonnée. Et après pouvoir recommencer.
J'aimerais aussi pouvoir prier à ma façon, c’est tellement plus simple d'avoir une relation privilégiée avec Dieu. Mais Dieu n'est pas "un pote" à moi, alors pourquoi avoir la prétention de demander une ligne directe?! Je veux respecter l’Eglise Catholique, accepter de me soumettre à Dieu par l'intermédaire des prêtres. Je veux aller à la messe, le moins possible mais y aller quand même.
Quand j’étais enfant, lorsque le prêtre élevait la voix je pensais qu’il s’adressait à moi, qu’il me grondait, qu’il voyait à travers moi et qu'il savait que j’avais péché. Encore aujourd'hui, je me crois transparente. Je veux donc connaître tout le catalogue des péchés et connaître le prix de chacun. Petite fille, je croyais en quelque chose. J’étais convaincue, par exemple, que l’ange gardien existait, qu’il restait éveillé toute la nuit à mes côtés. Même si je ne comprenais pas bien le sens de la Sainte Trinité, j’avais une énorme et sincère fascination par le Saint Esprit. Je le dis sans dramatisme. Je veux reprendre la foi un peu perdue. Il n’y a rien d’héroïque ou de pathétique dans ma volonté, enfin, je crois. Je ne veux pas d'une foi aveugle, mais d'une foi déterminée. Sans Dieu la vie est trop foncière. Vivre sans croire c’est comme avoir des ailes et ne pas pouvoir voler.
J’avoue. En tant que catholique, ayant reçu une éducation religieuse et ayant acquis une culture plutôt athéiste, j’ai parfois un peu de mal à croire en Dieu. Pourtant je refuse d’être agnostique, je veux croire en Dieu, cela me fait mal de ne pas y croire. Hors de question de ressembler aux intellectuelles rationalistes et scientifiques qui se contentent de croire en ce qu’ils savent, car je ne suis pas fière de douter de la divinité spirituelle. Je n’ai pas honte non plus de douter de Dieu, mais j’ai beaucoup de peine... Et je ne le dis jamais.
Sans Dieu, la vie devient aléatoire et trop insignifiante. Et encore moins facile à comprendre. C’est aberrant de dire que si Dieu existe vraiment, il ne devrait pas avoir tant de malheur et de misère dans le monde, tant de pauvreté, d'injustice et de tristesse, tant de choses impossibles d’expliquer ! C’est justement parce que la vie est si dépourvue de sens, parce qu’elle est si incomplète, si imparfaite, que Dieu doit exister. La foi n’est pas simplement une forme de confort, une espèce de soulagement, d'apaisement. La foi est une façon d’accepter. C’est la plus belle déresponsabilisation du monde. C’est une façon de ne pas demander des explications à la vie. D’accepter les questions sans réponse.
Dieu existe parce que l’Homme seul ne peut pas exister. Dieu existe parce que l’Art seule n’est pas suffisante. Dieu existe parce que la Science seule n’est pas suffisante. Dieu existe parce que l’Amour seul n’est pas suffisant. Dieu existe parce que l’Homme seul est plus mauvais, plus sombre, et plus seul. Dieu existe.
Mais comment peut on avoir la certitude et la foi sincère ?
Je détesterais me transformer en un de ces opportunistes qui deviennent croyants, conscients des portes du paradis la clé en main, seulement quand ils se trouvent devant les portes de la mort. Je détesterais profiter d'une situation de connivence. Attention, nuance, je ne doute pas que le fait de se convertir tardivement peut survenir d'une foi sincère... Je veux seulement être un peu plus ponctuelle.
Ce que je veux dire c’est que je détesterais que la foi me surprenne soudainement, motivée par une expérience insolite_ une tragédie personnelle, une vision ou une rencontre spéciale. D’ailleurs, les rencontres et les effets spéciaux me terrorisent. La science fiction est une chose. La religion est une autre. Je veux que ma foi soit tranquille et discrète. J’ai peur des mysticismes et des miracles. Si possible, je veux que ma foi soit timide et civilisée, et encore qu’elle ne dérange pas les autres, surtout les non croyants. Que ce soit bien clair: je respecte les croyances et les non croyances de chacun. La foi ne doit pas être une qualité qui attribue plus de valeur à ceux qui l’ont. Ce n’est pas comme un synonyme de statut social, une ferrari ou un pass navigo, non.. La foi peut être un moyen de transport vers les chemins du paradis, mais un moyen auquel tout le monde peut y avoir accès... Volontairement.
Je ne crois pas que la foi en Dieu puisse me rendre plus heureuse ou solutionner mes problèmes. J’attends simplement qu’elle m’aide à accepter les dilemmes que je ne peux ni résoudre ni comprendre. Les spécificités lourdes de la vie que tout le monde connaît : la mort et tout le reste. Je n’attends pas que la foi soulage la tristesse que les fatalités provoquent. J’attends que la foi me permette d’être moins perplexe, moins révoltée devant les injustices de la vie et de la mort. Je précise également que je ne veux pas non plus d’une foi incertaine. Il n'est pas question pour moi d’avoir un Dieu pluraliste et démocrate. Je veux un Dieu unique et dictateur. Pas de désordre. Je ne suis pas à la recherche de religiosités indéfinies. Et je sais bien que ces choses ne se choisissent pas mais j’aimerais plutôt être une catholique pratiquante et dévote, pas dogmatique pour autant, plutôt à la manière de Marie Madeleine, si je peux me permettre. Je veux pouvoir pêcher, pouvoir être punie, et ensuite pouvoir être pardonnée. Et après pouvoir recommencer.
J'aimerais aussi pouvoir prier à ma façon, c’est tellement plus simple d'avoir une relation privilégiée avec Dieu. Mais Dieu n'est pas "un pote" à moi, alors pourquoi avoir la prétention de demander une ligne directe?! Je veux respecter l’Eglise Catholique, accepter de me soumettre à Dieu par l'intermédaire des prêtres. Je veux aller à la messe, le moins possible mais y aller quand même.
Quand j’étais enfant, lorsque le prêtre élevait la voix je pensais qu’il s’adressait à moi, qu’il me grondait, qu’il voyait à travers moi et qu'il savait que j’avais péché. Encore aujourd'hui, je me crois transparente. Je veux donc connaître tout le catalogue des péchés et connaître le prix de chacun. Petite fille, je croyais en quelque chose. J’étais convaincue, par exemple, que l’ange gardien existait, qu’il restait éveillé toute la nuit à mes côtés. Même si je ne comprenais pas bien le sens de la Sainte Trinité, j’avais une énorme et sincère fascination par le Saint Esprit. Je le dis sans dramatisme. Je veux reprendre la foi un peu perdue. Il n’y a rien d’héroïque ou de pathétique dans ma volonté, enfin, je crois. Je ne veux pas d'une foi aveugle, mais d'une foi déterminée. Sans Dieu la vie est trop foncière. Vivre sans croire c’est comme avoir des ailes et ne pas pouvoir voler.
Et pendant que la foi fait son chemin, je veux croire que je peux encore y croire. Il y a peut être un état intermédiaire, entre le désespoir de la non croyance et la croyance elle-même. Un état d’attente. Un état d’incertitude accompagné d’espoir. Après analyse, on se rend vite compte qu’on n’a pas besoin de tragédie pour reconnaître que lorsqu’on n’a pas la foi dans l’âme, on a un trou à la place. Un vide.
Et je peux aussi me dire qu’il y a tant de personnes dans ce monde qui souffrent de faim, de maladies, de catastrophes naturelles, de guerres, des personnes qui meurent, que nos questions existentielles, lorsqu’elles sont publiquement exhibées, c’est tellement petit et obscène.
Et je peux aussi me dire qu’il y a tant de personnes dans ce monde qui souffrent de faim, de maladies, de catastrophes naturelles, de guerres, des personnes qui meurent, que nos questions existentielles, lorsqu’elles sont publiquement exhibées, c’est tellement petit et obscène.
